Voltaire, Dictionnaire PhilosophiqueLes mêmes jésuites (...) avouent avec tous les autres que cet empereur était l'un des plus sages et des plus généreux princes qui aient jamais régné; toujours occupé du soin de soulager les pauvres et de les faire travailler, exact observateur des lois, réprimant l 'ambition et le manège des bonzes, entretenant la paix et l'abondance, encourageant tous les arts utiles, et surtout la culture des terres. De son temps les édifices publics, les grands chemins, les canaux qui joignent tous les fleuves du second empire, furent entretenus avec une magnificence et une économie qui n'a rien d'égal que chez les anciens Romains.
Voltaire, Essai sur les moeurs
L'empire chinois était au commencement du XVlle siècle, bien plus heureux que l'lnde, la Perse, et la Turquie. L 'esprit humain ne peut certainement imaginer un gouvernement meilleur que celui ou tout se décide par de grands tribunaux, subordonnés les uns aux autres dont les membres ne sont reçus qu'après plusieurs examens sévères. Tout se règle à la Chine par ces tribunaux . Le résultat de toutes les affaires décidées à ces tribunaux est porté a un tribunal suprême. Chaque mandarin, dans sa province, dans sa ville est assisté d'un tribunal. Il est impossible que dans une telle administration, I'empereur exerce un pouvoir arbitraire. Les lois générales émanent de lui; mais par la constitution du gouvernement, il ne peut rien faire sans avoir consulté des hommes élevés dans les lois, et élus par les suffrages.