Les primeres referències occidentals sobre Xina
    [COEDES, G. (1910), Textes d'auteurs grecs et latins relatifs à l'Extrême Orient, Paris, Leroux]
    [GIL, Juan (1995), La India y el Catay. Textos de la Antigüedad Clàsica y del Medievo Occidental. Madrid. Alianza Editorial. ]
     

    HERODOT (s. V a.n.e.)
    La India es la tierra más alejada hacia Oriente de todo el mundo habitado [...] Los árboles salvajes producen allí como fruto lana, que aventaja en belleza y calidad a la de la oveja; los indios se sirven del vestido de estos árboles.

    CTESIAS (s. IV a.n.e)
    On dit que les Seres et les Indiens du nord sont de si grande stature, qu'on rencontre des hommes de 13 coudées; ils vivent plus de 200 ans. En un certain endroit du fleuve Gaitros, il y a des hommes pareils à des bêtes, ayant une peau semblable à celle des hippopotames et par suite impénétrable aux fléches.

    VIRGILI (Geòrgiques) 30 a.n.e.
    Dirai-je comment des feuilles des leurs arbres, les Seres détachent des fines toisons?

    PROPERCI (30 a.n.e.)
    En quoi les serica et leurs tissus bariolés soulageraient-ils l'amant mahereux?

    OVIDI (14 a.n.e.)
    Les cheveux étaient si fins que tu craignais de les peigner: tels les voiles que portent les Seres au teint basané.

    ESTRABO ( 58 - 21 a.n.e.)
    Les rois de Bactriane ont étendu leur domination jusqu'aux Seres.
    C'est à cause de la chaleur du climat que sur quelques arbres il pousse de la laine. Néarque dit qu'on se sert de celle-ci pour tisser les belles étofes fines, que les Macédoniens emploient pour les coussins et les selles; elles ressemblent aux serica que l'on tisse en se servant de certaines écorces de byssus décortiqué. On prétend cependant que les Seres vivent vieux et dépassent l'âge de 200 ans.

    SENECA (4 a.n.e. - +65 )
    Femmes, ôtez-moi ces vêtements couverts d'or et de pourpre; loin de moi la pourpre tyrienne, et les fils que les Seres lointains recueillent sur leurs arbres.

    POMPONIUS MELA (s. +I )
    Puis viennent de vastes régions infestées de bêtes féroces jusqu'au mont Tabis qui domine la mer; à une grande distance s'élève le Taurus. L'inervalle est habité par les Seres, nation pleine de justice et bien connue por la manière dont ils font le commerce, laquelle consiste à laisser les marchandises dans un lieu solitaire où l'acheteur en prend livraison hors de leur présence.

    PLINI EL VELL (+23-79 )
    Les premiers homme qu'on y connaisse sont les Seres, célèbres par la laine de leurs fôrets; ils détachent le duvet blanc des feuilles en l'arrosant avec de l'eau; puis nos femmes exécutent le double travail de dévider et de tisser: c'est grâce à des operations si compliquées, accomplies dans des contrées si lointaines, que la matronne pourra paraître en public sous une étoffe transparente. Les Seres sont polis; mais, semblables en celà aux sauvages mêmes, ils fuient la société des autres hommes et ils attendent que le commerce vienne les trouver. [...] Les Seres viennent au devant des voyageurs, dépassent la taille ordinaire, ont les cheveux rouges, les yeux bleus, la voix rude et ne parlent pas aux étrangers. Les marchandises son posées sur la rive du fleuve du côté des Seres, qui les emportent en laissant le prix si elles leur conviennent. [...] De toutes les sortes de fer, c'est le fer sèrique qui a la palme. Les Seres l'exportent avec leurs vêtements et les peaux.

    SILIUS ITALICUS (+25-101)
    Les Seres, eclairés par les premiers rayons du soleil, allaient recueillir le duvet sur les rameaux de leurs bocages.

    PERIPLE DE LA MAR ERITREA (finals s. +I)
    Il y a dans ce pays une très grande ville intérieure nommée Thinai, d'où le coton, le fil et l'étoffe dite serikon sont amenées à pied à travers la Bactriane jusqu'à Barygaza, et par le Gange jusqu'en Limurie. Il n'est pas facile de pénétrer dans ce pays: car il n'y a que peu de gens qui en reviennent, et cela rès rarement.

    PTOLOMEU (s. +II)
    Les régions situés le plus à l'est sont Sera, Sinai et Kattigara. (...) La distance entre la Tour de Pierre et Sera, capital des Seres, correspond a sept mois de marche (...) et c'est par le commerce qu'on a acquis connaissance de cette route (...).Un certain Maes, appellé aussi Titianos, originaire de Macédonie et marchand comme son pére, a consigné par écrit cette mesure, bien qu'il n'ait pas été lui-même jusque chez les Seres mais qu'il y ait seulement envoyé quelques-uns des siens (...) Marinos ne rapporte pas le nombre de stades que comporte la traversée de la Chersonèse d"or à Katigara (...) Nous tenons aussi des navigateurs d'autres détails sur l'Inde et ses différentes provinces, ainsi que sur l'intérieur de ce pays jusqu'à la Chersonèse d'Or, et de là jusqu'à Kattigara; ils rapportent que pour s'y rendre on fait voile vers l'Orient, et que pour en revenir on se dirige vers l'occident; ils reconnaissent en outre que la durée de la traversée est inconstante et irrégulière; ils disent que le pays et la capitale des Seres sont situées au-dessus des Sinai, à l'orient desquels se trouve une terre inconnue, couverte d'étangs vasseux (...)

    DENIS EL PERIEGETA (S. +II)
    Les Tocharoi, les Phrounoi et les peuplades barbares des Seres, qui dédaignent les boeufs et les moutons gras, tissent les fleurs multicolores de leur contrée déserte et font avec beaucoup d'art des vêtements précieux, ayant l'éclat brillant de l'herbe des prairies, et avec lesquels l'ouvrage des araignées ne pourrait rivaliser.

    RUFUS FESTUS AVIENUS (s. +IV )
    Puis viennent les cruels Tochari, les Phruni farouches et les Seres habitant des terres inhospitalières. Vivant pêle-mêle avec des troupeaux de boeufs et de moutons, les Seres cueillent des duvets dans les forêts.

    PAUSANIAS (s. +II)
    Quant aux fils, dont les Seres font leurs vêtements, ils ne proviennent pas d'une écorce, mais ils ont une origine différente que voici.Il existe dans leur pays un petit animal, que les grecs appelent Ser, mais auquel les Seres eux-mêmes donnent un autre nom; la grandeur de cet animal est double de celle du plus grand scarabée; pour le reste, il ressemble aux araignées qui font leurs toiles sur les arbres et ils ont huit pattes tout comme les araignées. Les Seres élèvent ces animaux en leur construisant des cages appropriées à la temperature de l'hiver et de l'été; et le travail de ces animaux est une fine trame qui se trouve enroulée autour de leurs pattes. Jusqu'à quatre ans les Seres les élèvent en leur offrant du millet comme nourriture; mais la cinquième année - car ils savent que ces bêtes ne vivent pas davantage - ils leur donnent à manger un roseau vert: pour cet animal c'est la meilleure de toutes les nourritures; il dévore avidement ce roseau, jusqu'à en crêver, et c'est à l'intérieur du cadavre que l'on trouve la majeure partie du fil.

    LUCIÀ (s. +II)
    On rapporte que les Seres vivent jusqu'à 300 ans; les un attribuent cette longévité à l'air, d'autres au sol, d'autres enfin au régime: on dit en effet que la nation tout entière ne boit que de l'eau.

    RECOGNITIONES PSEUDO-CLEMENTINAE (finals s. +II)
    Dans chaque pays ou dans chaque royaume, les hommes ont institué des lois, qui se pérpetuent, soit par l'écriture, soit par l'usage, et que personne ne transgresse facilement. Ainsi, en premier lieu, les Seres qui habitent au commencement de la terre ont une loi qui leur défend l'homicide, l'adultère, la prostitution, le vol, l'adoration des images; et dans tout ce pays qui est immense, on ne trouve ni temple ni image ni prostituée, ni adultère; on n'y traduit jamais de voleur en justice; on ne se rappelle pas qu'un homme y ait été tué; et enfin Mars l'étoile enflammée n'influe pas, comme chez vous, sur leur libre arbitre, jusqu'à les faire employer le fer pour tuer leur semblable; et Vénus en conjonction avec Mars ne les force pas à souiller la femme d'autrui; bien que chez eux Mars occupe le milieu du ciel pendant des jours entiers. Mais, chez les Seres, la crainte des lois est plus forte que la constellation sous laquelle on naît.

    PSEUDO-BARDESANA (finals segle II)
    Les Seres ont des lois qui les défendent de tuer, de forniquer et d'adorer des idoles; aussi, dans toute la région des Seres, il n'y a ni idoles, ni prostituées, ni assassins ni gens assassinés; bien que les Seres, eux aussi, naissent tous les jours et à toute heure. Et lorsque Mars le Cruel est placé au centre du ciel, il n'influe pas sur la libre arbitre des Seres, de maniére à forcer un homme à répandre le sang de son semblable avec une arme de fer. Lorsque Venus est en conjonction avec Mars, elle n'oblige pas non plus personne d'entre les Seres à avoir un commerce criminel avec la femme de son voisin ou avec toute autre femme. Toutefois on trove parmi eux des riches et des pauvres, des malades et des gens bien portants, des gouvernants et des sujets.

    HERODIÀ (170-240)
    Antonin méprisait toutes les étoffes romaines ou grecques, alléguant que la laine dont ells sont faites est chose sans valeur; et il n'appréciait que les étoffes des Seres.

    PHILOSTRATUS (170-250)
    Regarde l'araignée qui file dans le voisinage, et dis moi si elle ne surpasse pas, dans l'art de tisser, Pénélope et meme les Seres dont les tissus son extrememet fins et à peine visibles.

    ORIGENES (182-252)
    [...] les Seres qui ne conaissent pas de Dieu [...] les Seres que Celse prétend athées

    SOLINUS (mitjans del s. III)
    Sur la portion du rivage qui regarde le levant d'été, les Seres sont le premier peuple que l'on rencontre après ces régions barbares; en aspergeant les feuilles des arbres, ils en détachent, à l'aide de l'eau, des flocons; ils emploient à leur gré ce duvet tendre et fin en le traitant par l'eau. C'est ce qu'on nomme le Sericum , admis à notre honte dans nos usages; c'est la passion du luxe qui a amené les femmes d'abord, et maintenont même les hommes à user de ces tissus qui servent à montrer le corps plutôt qu'à le vêtir. Les Seres sont civilisés et très pacifiques entre eux; mais ils fuient ,l'approche des autres hommes, au point de refuser les rapports commerciaux avec les autres nations. Toutefois des marchands de ce pays traversent leur fleuve, et sur les bords, sans qu'il y ait aucun commerce de langage entre les parties, mais sur une simple estimation faite à vue d'oeil, ils vendent leurs marchandises, mais n'achètent pas les nôtres.

    CESARI (368)
    Dans chaque contrée, chez nous comme chez les autres peuples, les lois des princes existent, écrites ou non, chez les uns c'est une loi écrite, chez les autres c'est la coutume qui a force de loi. Car pour ceux qui n'ont pas de loi, les moeurs ancestrales en tiennent lieu. Parmi les peuples de cette catégorie, il faut citer en primer lieu les Seres qui habitent à l'extrêmité de la terre; ils ont pour loi la coutume de leurs pères qui leur interdit la prostitution, le vol, l'adultère, l'adoration des statues, l'invocation aux divinités; si bien qu'il n'a chez eux ni idoles, ni courtisanes, ni adultères, ni pillards, ni meurtriers ni voleurs; et quand de même Ares, l'astre étincelant, n'a contraint le libre arbitre d'aucun d'eux, et n'en a poussé aucun à tuer son prochain par le fer ou à le lapider; et Aphrodite réunie à Ares n'a persuadé à aucun d'eux de tomber amoureux de la femme du voisin; bien qu'Ares tienne toute la journée le milieu du ciel; mais chez les Seres la loi des ancêtres est plus forte que la puissance des astres.

    EPIFANI (315-403)
    Chez les Seres, les hommes se tressent les cheveux et restent chez eux, parfumés et parés comme de femmes afin de mieux plaire à leurs épouses; celles-ci, en revanche, coupent leur chevelure, ceignent un vêtement masculin et exécutent tous les travaux agricoles.

    AMIÀ MARCELLI (s. IV)
    Une enceinte circulaire de hautes murailles entore le pays des Seres: ce sont des régions connues pour leur fertilité et leur inmense étendue, touchant à l'ouest à la Scythie, au nord et à l'est à des déserts recouverts de neige: du côté du sud, elles s'étendent jusqu'à l'Inde et jusqu'au Gange.

    Quant aux Seres eux-mêmes, ils vivent dans la plus grande tranquillité et sont complètement étrangers à la guerre et à l'usage des armes; comme le repos est ce qu'aiment par dessus tout les hommes calmes et tranquilles, ils n'inquiètent aucun des leurs voisins. Chex eux le climat est agréable et sain, l'air pur, l'haleine des vents d'une douceur exquise; les fôrets obscures sont fort nombreuses; en arrosant fréquemment les arbres, ils en dêtachent, en l'amollissant, un produit tendre et ténu, sorte de duvet imprégné de liquide; ils tissent ces fils pour en faire le Sericum, reservé jadis aux classes nobles, mais porté aujourd'hui indiffémment par les plus humbles. Ils sont si moderés dans leurs besoins, et aiment à ce point la vie paisible qu'ils évitent toute relations avec les autres hommes. S'il arrive que des étrangers passent le fleuve pour acheter des fils ou quelque autre article de commerce, ils estiment à vue le prix des marchandises, sans échanger une parole; et ils sont si simples dans leurs goûts, qu'en livrant leurs propres produits, ils n'appellent en retour aucune espèce d'importation.

    CLAUDI (finals s. IV)
    [...] le fil que les Seres détachent de leurs arbres, en cueillant le duvet qui pousse sur les feuilles de leurs fôrets porte-laine.

    MARTIANUS CAPELLA (S. V)
    A partir de la mer Caspienne l'on trouve d'abord des neiges épaisses, puis un inmense désert. Ensuite viennet les seres, qui arrosent leurs arbres avec de l'eau, pour en obtenir le duvet dont on fait le sericum . Ils méprisent les hommes des autres pays et ils aiment à conclure un marché en déposant le prix d'achat sans dire un mot.

    MARCIA D'HERACLEA (Periple del mar exterior (s. V)
    Le peuple des Sinai a pour limite: au nord une partie de la Sèrique; à l'ouest l'Inde transgangétique suivant la ligne qui aboutit au grand Golfe; a l'est la terre inconnue; au sud, la mer méridionale et la terre méridionale inconnue. [...] Au-dessus des Sinai, se trouve le pays et la capitales des Seres. [...] Aprés le fleuve Kottiaris vient Kattigara, port des Sinai, et limite de la partie meridionale de la terre connue et habitée. Il n'est pas facile de fixer le nombre de stades que comporte ce périple; car, à moins d'être doué d'une conaissance divine, personne ne saurait décrire avec précision le périple à partir du port des Sinai.

    PROCOPI DE CESAREA (S. VI)
    Vers cette époque, certains moines venus de l'Inde, sachant avec quel zèle l'empereur Justinien s'efforçait d'empêcher les Romains d'acheter la soie aux Perses, vinrent trouver le souverain, et lui promirent de se charger de la fabrication de la soie, de façon à éviter désormais aux Romains l'achat de cette marchandise chez les Perses leurs ennemis ou chez quelque autre peuple; ils avaient, disaient-ils, passé un certain temps dans une contrée nommée Serinda, située au-dessus des nombreuses tribus indiennes, et avaient recherché avec grand soin par quel moyen il serait possible de fabriquer la soie au pays des Romains. Comme l'empereur les pressait des questions, et leur demandait s'ils disaient bien la vérité, les moines expliquèrent que la soie était produite par quelques vers, à qui la nature avait enseigné cet art, et qu'elle contraignait de travailler; ils ajoutèrent qu'il était impossible de faire venir de Serinda des vers vivants, mas qu'il était très aisé et très facile de les produire; que la graine de ces vers était constituée par une multitude d'oeufs; que, longtempts après la ponte, les gens recouvraient ces oeufs de fumier, et, en les chauffant pendant un laps de temps suffisant, provoquaient la naissance des animaux. A ce discours l'empereur promit à ces hommes de grandes faveurs et les engagea à confirmer leurs dires par une experiènce. Ils retournèrent donc à Serinda, et en rapportèrent des oeufs à Bizance; ils réussirent à les transformer en vers de la façon que nous avons dite, et nourrirent ces vers avec des feuilles de mûrier; et depuis on s'est mis chez les Romains à faire de la soie.

    COSMAS INDICOPLESTES (s. VI)
    Il se trouve des hommes qui, pour se procurer de la soie en vue d'un misérable commerce, ne regardent pas à voyager jusqu'aux dernières limites de la terre. (...) Ce pays de la soie est situé dans la partie la plus reculée de l'Inde (...) loin au delà du golfe Persique et de l'île appellée Taprobane par les Grecs. Ce pays de la soie nommé Tzinitza, est entouré à gauche par l'Océan (...) Tzinitza s'étend considérablement vers la gauche, de telle sorte que les convois de soie voyageant par terre et traversant le pays les uns après les autres, atteignent la Perse en peu de temps; tandis que la route par mer jusquà la Perse est beaucoup plus longue. Car le chemin qui doit parcourir celui qui, partant de Taprobane, fait route sur la gauche jusqu'à Tzinitza est aussi long et même plus long que la longueur dont le golfe Persique rentre en Perse; et il faut, en outre, ajouter la distance comprise entre l'extrémité extérieure du golfe Persique et Taprobane c'est à dire tout l'Océan Indien et même davantage. Ainsi donc, celui qui va par terre de Tzinitza jusqu'en Perse abrège considérablement son voyage: c'est ce qui explique pourqoi il y a toujours en Perse une si grande quantité de soie. Au delà de Tzinitza, on ne peu plus naviguer, ni habiter.
    Taprobane reçoit des régions les plus reculées, je veux parler de Tzinitza et des autre marchés, la soie, l'aloès, le clou de girofle, le santal.

    ISIDOR DE SEVILLA (560-636)
    Les Seres tiennent leur nom de leur propre citadelle; c'est un peuple situé à l'Orient, chez qui l'on tisse la laine provenant des arbres, ce qui a fait dire: "Les Seres dont on ignore les traits, mais non les tissus".[...]
    Seres est une citadelle de l'Orient, d'oú est tiré le nom du peuple Sérique, et le nom du pays. Celui-ci s'étend depuis l'Océan Scythique et la mer Caspienne, jusqu'à l'Ocean Oriental; on y rencontre en abondance ces célebres feuillages, d'oú l'on détache le duvet, que les Seres, refusant tout commerce avec les autres peuples, vendent pour qu'on en fasse des vêtements. [...]
    Le Sericum porte ce nom parce que ce sont les Seres qui l'ont envoyé les premiers. On rapporte que dans leur pays il nait de petits vers qui entourent les arbres de fils.

    TEOFILACTE (s. VII)
    Taugast est une ville célèbre qui est a 1500 milles de ceux qu'on appelle les Turcs; elle est située aux confins de l'Inde. Les barbares qui habitent autour de Taugast forment une nation très vaillante et très populeuse, d'une grandeur avec laquelle aucun des peuples de la terre ne saurait rivaliser. (...)
    Le klimatarque des Taugast se nomme Taïsan, ce qui veut dire en grec "fils de Dieu". Chez les Taugast le pouvoir n'est pas en proie aux factions; car pour eux c'est la naissance qui fait le souverain. Ce peuple rend un culte aux statues, ses lois sont justes, et sa vie est pleine de sagesse. Ils ont une coutume, qui a force de loi, interdisant aux hommes de porter des parures d'or, bien que l'importance et la facilité de leur commerce les rende maîtres d'une grande quantité d'or et d'argent.
    Taugast est limitée par un fleuve. Autrefois, ce fleuve séparait deux très grands peuples se faisant face l'un à l'autre; l'un portait des vêtements noirs, l'autre des vêtements écarlates. Vers notre époque, (...) ceux qui portent des vêtements noirs franchirent le fleuve et déclarèrent la guerre à ceux qui sont vêtus de rouge; ils furent vainqueurs et établirent leur hégémonie.
    Les Barbares disent que Taugast fut fondée par Alexandre de Macédonie, losqu'il reduisit les Bactriens et la Sogdiane en exterminant 120.000 barbares.Dans cette ville de Taugast les femmes du roi ont des chars en or, trainés chacun par un jeune boeuf somptueusement paré d'or et de pierres précieuses. Le souverain de Taugast couche avec sept cent femmes (...) On dit qu'Alexandre construisit une autre ville à quelques milles; les barbares nomment cette dernière Khoubdan (...) Khoubdan est coupée par deux grands fleuves dont les hautes rives son bordées de cyprès (...) Le peuple est riche en éléphants; il est en relation avec les indiens par le commerce; on dit que ceux qui habitent au nord sont des Indiens au teint clair. Les fils qui fournissent les fils des Seres se trouvent chez ce peuple en très grande abondance, et sont de couleurs variées; les barbares pratiquent avec zéle l'élevage de ces animaux.

    TEOFANI DE BIZANCI (750-817)
    Sous Justinien un homme de Perse enseigna à Byzance l'origine des vers à soie que les romains ignoraient jusqu'à alors. Ce Perse venu de chez les Seres, après avoir recueilli dans un coffret la graine de ces vers, l'apporta jusqu'à Byzance, et, quan vint le printemps, il nourrit cette graine de feuilles de mûrier; une fois que les vers se furent nourris de ces feuilles, il leur poussa des ailes et ils accomplirent le reste de leur ouvrage. Plus tard l'empereur Justin enseigna aux Turcs de quelle façon ces vers naissent et travaillent; ils furent saisis d'étonnement car les turcs occuppaient alors les marchés et les ports des Seres qui appartenaient auparavant aux Perses.

    MILON (810-872)
    [ ] des voiles qu'elle avait tissées avec la laine fine que les Seres détachent de leurs arbres.

    EUSTATHIOS (s. XII)
    Les Seres, peuple Scythe barbare, d'où les tissus Seriques tirent leur nom. Ils dédaignent, dit-on, les boeufs et les moutons et, tissant les fleurs multicolores de leur contrée déserte, ils font avec beaucoup d'art des vêtements précieux, ayant la couleur brillante de l'herbe des prairies, et si fins que l'ouvrage des araignées ne saurait rivaliser avec eux. (..) Il est à remarquer que les Seres font leurs tissus avec des fleurs: c'est pourqoi ils ne veulent pas laisser paître leurs prés. Du fait suivant il ressort que les Seres sont insociables et d'abord difficile: ils écrivent sur de petits sacs le prix des marchandises qu'ils désirent vendre, puis se retirent; alors les marchands s'avancent, déposent le prix d'achat et se retirent à son tour; sur quoi les Seres reviennent: s'ils sont satisfaits du prix, ils le prennent, sinon ils remportent leur propres marchandises. On dit que les Seres vivent très vieux et dépassent l'âge de 200 ans.

    JACQUES DE VITRY (1178-1240)
    Il existe chez les Seres des arbres qui produisent des feuilles ressemblant à de la laine et servant à faire des fines étoffes.