HERODOT (s. V a.n.e.)
La India es la tierra más alejada hacia Oriente de todo el mundo
habitado [...] Los árboles salvajes producen allí como fruto
lana, que aventaja en belleza y calidad a la de la oveja; los indios se
sirven del vestido de estos árboles.
CTESIAS (s. IV a.n.e)
On dit que les Seres et les Indiens du nord sont de si grande stature,
qu'on rencontre des hommes de 13 coudées; ils vivent plus de 200
ans. En un certain endroit du fleuve Gaitros, il y a des hommes pareils
à des bêtes, ayant une peau semblable à celle des hippopotames
et par suite impénétrable aux fléches.
VIRGILI (Geòrgiques) 30 a.n.e.
Dirai-je comment des feuilles des leurs arbres, les Seres détachent
des fines toisons?
PROPERCI (30 a.n.e.)
En quoi les serica et leurs tissus bariolés soulageraient-ils
l'amant mahereux?
OVIDI (14 a.n.e.)
Les cheveux étaient si fins que tu craignais de les peigner:
tels les voiles que portent les Seres au teint basané.
ESTRABO ( 58 - 21 a.n.e.)
Les rois de Bactriane ont étendu leur domination jusqu'aux Seres.
C'est à cause de la chaleur du climat que sur quelques arbres
il pousse de la laine. Néarque dit qu'on se sert de celle-ci pour
tisser les belles étofes fines, que les Macédoniens emploient
pour les coussins et les selles; elles ressemblent aux serica que
l'on tisse en se servant de certaines écorces de byssus décortiqué.
On prétend cependant que les Seres vivent vieux et dépassent
l'âge de 200 ans.
SENECA (4 a.n.e. - +65 )
Femmes, ôtez-moi ces vêtements couverts d'or et de pourpre;
loin de moi la pourpre tyrienne, et les fils que les Seres lointains recueillent
sur leurs arbres.
POMPONIUS MELA (s. +I )
Puis viennent de vastes régions infestées de bêtes
féroces jusqu'au mont Tabis qui domine la mer; à une grande
distance s'élève le Taurus. L'inervalle est habité
par les Seres, nation pleine de justice et bien connue por la manière
dont ils font le commerce, laquelle consiste à laisser les marchandises
dans un lieu solitaire où l'acheteur en prend livraison hors de
leur présence.
PLINI EL VELL (+23-79 )
Les premiers homme qu'on y connaisse sont les Seres, célèbres
par la laine de leurs fôrets; ils détachent le duvet blanc
des feuilles en l'arrosant avec de l'eau; puis nos femmes exécutent
le double travail de dévider et de tisser: c'est grâce à
des operations si compliquées, accomplies dans des contrées
si lointaines, que la matronne pourra paraître en public sous une
étoffe transparente. Les Seres sont polis; mais, semblables en celà
aux sauvages mêmes, ils fuient la société des autres
hommes et ils attendent que le commerce vienne les trouver. [...] Les Seres
viennent au devant des voyageurs, dépassent la taille ordinaire,
ont les cheveux rouges, les yeux bleus, la voix rude et ne parlent pas
aux étrangers. Les marchandises son posées sur la rive du
fleuve du côté des Seres, qui les emportent en laissant le
prix si elles leur conviennent. [...] De toutes les sortes de fer, c'est
le fer sèrique qui a la palme. Les Seres l'exportent avec leurs
vêtements et les peaux.
SILIUS ITALICUS (+25-101)
Les Seres, eclairés par les premiers rayons du soleil, allaient
recueillir le duvet sur les rameaux de leurs bocages.
PERIPLE DE LA MAR ERITREA (finals
s. +I)
Il y a dans ce pays une très grande ville intérieure
nommée Thinai, d'où le coton, le fil et l'étoffe dite
serikon
sont amenées à pied à travers la Bactriane jusqu'à
Barygaza, et par le Gange jusqu'en Limurie. Il n'est pas facile de pénétrer
dans ce pays: car il n'y a que peu de gens qui en reviennent, et cela rès
rarement.
PTOLOMEU (s. +II)
Les régions situés le plus à l'est sont Sera,
Sinai et Kattigara. (...) La distance entre la Tour de Pierre et Sera,
capital des Seres, correspond a sept mois de marche (...) et c'est par
le commerce qu'on a acquis connaissance de cette route (...).Un certain
Maes, appellé aussi Titianos, originaire de Macédonie et
marchand comme son pére, a consigné par écrit cette
mesure, bien qu'il n'ait pas été lui-même jusque chez
les Seres mais qu'il y ait seulement envoyé quelques-uns des siens
(...) Marinos ne rapporte pas le nombre de stades que comporte la traversée
de la Chersonèse d"or à Katigara (...) Nous tenons aussi
des navigateurs d'autres détails sur l'Inde et ses différentes
provinces, ainsi que sur l'intérieur de ce pays jusqu'à la
Chersonèse d'Or, et de là jusqu'à Kattigara; ils rapportent
que pour s'y rendre on fait voile vers l'Orient, et que pour en revenir
on se dirige vers l'occident; ils reconnaissent en outre que la durée
de la traversée est inconstante et irrégulière; ils
disent que le pays et la capitale des Seres sont situées au-dessus
des Sinai, à l'orient desquels se trouve une terre inconnue, couverte
d'étangs vasseux (...)
DENIS EL PERIEGETA (S. +II)
Les Tocharoi, les Phrounoi et les peuplades barbares des Seres, qui
dédaignent les boeufs et les moutons gras, tissent les fleurs multicolores
de leur contrée déserte et font avec beaucoup d'art des vêtements
précieux, ayant l'éclat brillant de l'herbe des prairies,
et avec lesquels l'ouvrage des araignées ne pourrait rivaliser.
RUFUS FESTUS AVIENUS (s. +IV )
Puis viennent les cruels Tochari, les Phruni farouches et les Seres
habitant des terres inhospitalières. Vivant pêle-mêle
avec des troupeaux de boeufs et de moutons, les Seres cueillent des duvets
dans les forêts.
PAUSANIAS (s. +II)
Quant aux fils, dont les Seres font leurs vêtements, ils ne proviennent
pas d'une écorce, mais ils ont une origine différente que
voici.Il existe dans leur pays un petit animal, que les grecs appelent
Ser, mais auquel les Seres eux-mêmes donnent un autre nom; la grandeur
de cet animal est double de celle du plus grand scarabée; pour le
reste, il ressemble aux araignées qui font leurs toiles sur les
arbres et ils ont huit pattes tout comme les araignées. Les Seres
élèvent ces animaux en leur construisant des cages appropriées
à la temperature de l'hiver et de l'été; et le travail
de ces animaux est une fine trame qui se trouve enroulée autour
de leurs pattes. Jusqu'à quatre ans les Seres les élèvent
en leur offrant du millet comme nourriture; mais la cinquième année
- car ils savent que ces bêtes ne vivent pas davantage - ils leur
donnent à manger un roseau vert: pour cet animal c'est la meilleure
de toutes les nourritures; il dévore avidement ce roseau, jusqu'à
en crêver, et c'est à l'intérieur du cadavre que l'on
trouve la majeure partie du fil.
LUCIÀ (s. +II)
On rapporte que les Seres vivent jusqu'à 300 ans; les un attribuent
cette longévité à l'air, d'autres au sol, d'autres
enfin au régime: on dit en effet que la nation tout entière
ne boit que de l'eau.
RECOGNITIONES PSEUDO-CLEMENTINAE
(finals s. +II)
Dans chaque pays ou dans chaque royaume, les hommes ont institué
des lois, qui se pérpetuent, soit par l'écriture, soit par
l'usage, et que personne ne transgresse facilement. Ainsi, en premier lieu,
les Seres qui habitent au commencement de la terre ont une loi qui leur
défend l'homicide, l'adultère, la prostitution, le vol, l'adoration
des images; et dans tout ce pays qui est immense, on ne trouve ni temple
ni image ni prostituée, ni adultère; on n'y traduit jamais
de voleur en justice; on ne se rappelle pas qu'un homme y ait été
tué; et enfin Mars l'étoile enflammée n'influe pas,
comme chez vous, sur leur libre arbitre, jusqu'à les faire employer
le fer pour tuer leur semblable; et Vénus en conjonction avec Mars
ne les force pas à souiller la femme d'autrui; bien que chez eux
Mars occupe le milieu du ciel pendant des jours entiers. Mais, chez les
Seres, la crainte des lois est plus forte que la constellation sous laquelle
on naît.
PSEUDO-BARDESANA (finals segle II)
Les Seres ont des lois qui les défendent de tuer, de forniquer
et d'adorer des idoles; aussi, dans toute la région des Seres, il
n'y a ni idoles, ni prostituées, ni assassins ni gens assassinés;
bien que les Seres, eux aussi, naissent tous les jours et à toute
heure. Et lorsque Mars le Cruel est placé au centre du ciel, il
n'influe pas sur la libre arbitre des Seres, de maniére à
forcer un homme à répandre le sang de son semblable avec
une arme de fer. Lorsque Venus est en conjonction avec Mars, elle n'oblige
pas non plus personne d'entre les Seres à avoir un commerce criminel
avec la femme de son voisin ou avec toute autre femme. Toutefois on trove
parmi eux des riches et des pauvres, des malades et des gens bien portants,
des gouvernants et des sujets.
HERODIÀ (170-240)
Antonin méprisait toutes les étoffes romaines ou grecques,
alléguant que la laine dont ells sont faites est chose sans valeur;
et il n'appréciait que les étoffes des Seres.
PHILOSTRATUS (170-250)
Regarde l'araignée qui file dans le voisinage, et dis moi si
elle ne surpasse pas, dans l'art de tisser, Pénélope et meme
les Seres dont les tissus son extrememet fins et à peine visibles.
ORIGENES (182-252)
[...] les Seres qui ne conaissent pas de Dieu [...] les Seres que Celse
prétend athées
SOLINUS (mitjans del s. III)
Sur la portion du rivage qui regarde le levant d'été,
les Seres sont le premier peuple que l'on rencontre après ces régions
barbares; en aspergeant les feuilles des arbres, ils en détachent,
à l'aide de l'eau, des flocons; ils emploient à leur gré
ce duvet tendre et fin en le traitant par l'eau. C'est ce qu'on nomme le
Sericum , admis à notre honte dans nos usages; c'est la passion
du luxe qui a amené les femmes d'abord, et maintenont même
les hommes à user de ces tissus qui servent à montrer le
corps plutôt qu'à le vêtir. Les Seres sont civilisés
et très pacifiques entre eux; mais ils fuient ,l'approche des autres
hommes, au point de refuser les rapports commerciaux avec les autres nations.
Toutefois des marchands de ce pays traversent leur fleuve, et sur les bords,
sans qu'il y ait aucun commerce de langage entre les parties, mais sur
une simple estimation faite à vue d'oeil, ils vendent leurs marchandises,
mais n'achètent pas les nôtres.
CESARI (368)
Dans chaque contrée, chez nous comme chez les autres peuples,
les lois des princes existent, écrites ou non, chez les uns c'est
une loi écrite, chez les autres c'est la coutume qui a force de
loi. Car pour ceux qui n'ont pas de loi, les moeurs ancestrales en tiennent
lieu. Parmi les peuples de cette catégorie, il faut citer en primer
lieu les Seres qui habitent à l'extrêmité de la terre;
ils ont pour loi la coutume de leurs pères qui leur interdit la
prostitution, le vol, l'adultère, l'adoration des statues, l'invocation
aux divinités; si bien qu'il n'a chez eux ni idoles, ni courtisanes,
ni adultères, ni pillards, ni meurtriers ni voleurs; et quand de
même Ares, l'astre étincelant, n'a contraint le libre arbitre
d'aucun d'eux, et n'en a poussé aucun à tuer son prochain
par le fer ou à le lapider; et Aphrodite réunie à
Ares n'a persuadé à aucun d'eux de tomber amoureux de la
femme du voisin; bien qu'Ares tienne toute la journée le milieu
du ciel; mais chez les Seres la loi des ancêtres est plus forte que
la puissance des astres.
EPIFANI (315-403)
Chez les Seres, les hommes se tressent les cheveux et restent chez
eux, parfumés et parés comme de femmes afin de mieux plaire
à leurs épouses; celles-ci, en revanche, coupent leur chevelure,
ceignent un vêtement masculin et exécutent tous les travaux
agricoles.
AMIÀ MARCELLI (s.
IV)
Une enceinte circulaire de hautes murailles entore le pays des Seres:
ce sont des régions connues pour leur fertilité et leur inmense
étendue, touchant à l'ouest à la Scythie, au nord
et à l'est à des déserts recouverts de neige: du côté
du sud, elles s'étendent jusqu'à l'Inde et jusqu'au Gange.
Quant aux Seres eux-mêmes, ils vivent dans la plus grande tranquillité et sont complètement étrangers à la guerre et à l'usage des armes; comme le repos est ce qu'aiment par dessus tout les hommes calmes et tranquilles, ils n'inquiètent aucun des leurs voisins. Chex eux le climat est agréable et sain, l'air pur, l'haleine des vents d'une douceur exquise; les fôrets obscures sont fort nombreuses; en arrosant fréquemment les arbres, ils en dêtachent, en l'amollissant, un produit tendre et ténu, sorte de duvet imprégné de liquide; ils tissent ces fils pour en faire le Sericum, reservé jadis aux classes nobles, mais porté aujourd'hui indiffémment par les plus humbles. Ils sont si moderés dans leurs besoins, et aiment à ce point la vie paisible qu'ils évitent toute relations avec les autres hommes. S'il arrive que des étrangers passent le fleuve pour acheter des fils ou quelque autre article de commerce, ils estiment à vue le prix des marchandises, sans échanger une parole; et ils sont si simples dans leurs goûts, qu'en livrant leurs propres produits, ils n'appellent en retour aucune espèce d'importation.
CLAUDI (finals s. IV)
[...] le fil que les Seres détachent de leurs arbres, en cueillant
le duvet qui pousse sur les feuilles de leurs fôrets porte-laine.
MARTIANUS CAPELLA (S. V)
A partir de la mer Caspienne l'on trouve d'abord des neiges épaisses,
puis un inmense désert. Ensuite viennet les seres, qui arrosent
leurs arbres avec de l'eau, pour en obtenir le duvet dont on fait le sericum
. Ils méprisent les hommes des autres pays et ils aiment à
conclure un marché en déposant le prix d'achat sans dire
un mot.
MARCIA D'HERACLEA (Periple del mar
exterior (s. V)
Le peuple des Sinai a pour limite: au nord une partie de la Sèrique;
à l'ouest l'Inde transgangétique suivant la ligne qui aboutit
au grand Golfe; a l'est la terre inconnue; au sud, la mer méridionale
et la terre méridionale inconnue. [...] Au-dessus des Sinai, se
trouve le pays et la capitales des Seres. [...] Aprés le fleuve
Kottiaris vient Kattigara, port des Sinai, et limite de la partie meridionale
de la terre connue et habitée. Il n'est pas facile de fixer le nombre
de stades que comporte ce périple; car, à moins d'être
doué d'une conaissance divine, personne ne saurait décrire
avec précision le périple à partir du port des Sinai.
PROCOPI DE CESAREA (S. VI)
Vers cette époque, certains moines venus de l'Inde, sachant
avec quel zèle l'empereur Justinien s'efforçait d'empêcher
les Romains d'acheter la soie aux Perses, vinrent trouver le souverain,
et lui promirent de se charger de la fabrication de la soie, de façon
à éviter désormais aux Romains l'achat de cette marchandise
chez les Perses leurs ennemis ou chez quelque autre peuple; ils avaient,
disaient-ils, passé un certain temps dans une contrée nommée
Serinda, située au-dessus des nombreuses tribus indiennes, et avaient
recherché avec grand soin par quel moyen il serait possible de fabriquer
la soie au pays des Romains. Comme l'empereur les pressait des questions,
et leur demandait s'ils disaient bien la vérité, les moines
expliquèrent que la soie était produite par quelques vers,
à qui la nature avait enseigné cet art, et qu'elle contraignait
de travailler; ils ajoutèrent qu'il était impossible de faire
venir de Serinda des vers vivants, mas qu'il était très aisé
et très facile de les produire; que la graine de ces vers était
constituée par une multitude d'oeufs; que, longtempts après
la ponte, les gens recouvraient ces oeufs de fumier, et, en les chauffant
pendant un laps de temps suffisant, provoquaient la naissance des animaux.
A ce discours l'empereur promit à ces hommes de grandes faveurs
et les engagea à confirmer leurs dires par une experiènce.
Ils retournèrent donc à Serinda, et en rapportèrent
des oeufs à Bizance; ils réussirent à les transformer
en vers de la façon que nous avons dite, et nourrirent ces vers
avec des feuilles de mûrier; et depuis on s'est mis chez les Romains
à
faire de la soie.
COSMAS INDICOPLESTES (s. VI)
Il se trouve des hommes qui, pour se procurer de la soie en vue d'un
misérable commerce, ne regardent pas à voyager jusqu'aux
dernières limites de la terre. (...) Ce pays de la soie est situé
dans la partie la plus reculée de l'Inde (...) loin au delà
du golfe Persique et de l'île appellée Taprobane par les Grecs.
Ce pays de la soie nommé Tzinitza, est entouré à gauche
par l'Océan (...) Tzinitza s'étend considérablement
vers la gauche, de telle sorte que les convois de soie voyageant par terre
et traversant le pays les uns après les autres, atteignent la Perse
en peu de temps; tandis que la route par mer jusquà la Perse est
beaucoup plus longue. Car le chemin qui doit parcourir celui qui, partant
de Taprobane, fait route sur la gauche jusqu'à Tzinitza est aussi
long et même plus long que la longueur dont le golfe Persique rentre
en Perse; et il faut, en outre, ajouter la distance comprise entre l'extrémité
extérieure du golfe Persique et Taprobane c'est à dire tout
l'Océan Indien et même davantage. Ainsi donc, celui qui va
par terre de Tzinitza jusqu'en Perse abrège considérablement
son voyage: c'est ce qui explique pourqoi il y a toujours en Perse une
si grande quantité de soie. Au delà de Tzinitza, on ne peu
plus naviguer, ni habiter.
Taprobane reçoit des régions les plus reculées,
je veux parler de Tzinitza et des autre marchés, la soie, l'aloès,
le clou de girofle, le santal.
ISIDOR DE SEVILLA (560-636)
Les Seres tiennent leur nom de leur propre citadelle; c'est un peuple
situé à l'Orient, chez qui l'on tisse la laine provenant
des arbres, ce qui a fait dire: "Les Seres dont on ignore les traits, mais
non les tissus".[...]
Seres est une citadelle de l'Orient, d'oú est tiré le
nom du peuple Sérique, et le nom du pays. Celui-ci s'étend
depuis l'Océan Scythique et la mer Caspienne, jusqu'à l'Ocean
Oriental; on y rencontre en abondance ces célebres feuillages, d'oú
l'on détache le duvet, que les Seres, refusant tout commerce avec
les autres peuples, vendent pour qu'on en fasse des vêtements. [...]
Le Sericum porte ce nom parce que ce sont les Seres qui l'ont
envoyé les premiers. On rapporte que dans leur pays il nait de petits
vers qui entourent les arbres de fils.
TEOFILACTE (s. VII)
Taugast est une ville célèbre qui est a 1500 milles de
ceux qu'on appelle les Turcs; elle est située aux confins de l'Inde.
Les barbares qui habitent autour de Taugast forment une nation très
vaillante et très populeuse, d'une grandeur avec laquelle aucun
des peuples de la terre ne saurait rivaliser. (...)
Le klimatarque des Taugast se nomme Taïsan, ce qui veut
dire en grec "fils de Dieu". Chez les Taugast le pouvoir n'est pas en proie
aux factions; car pour eux c'est la naissance qui fait le souverain. Ce
peuple rend un culte aux statues, ses lois sont justes, et sa vie est pleine
de sagesse. Ils ont une coutume, qui a force de loi, interdisant aux hommes
de porter des parures d'or, bien que l'importance et la facilité
de leur commerce les rende maîtres d'une grande quantité d'or
et d'argent.
Taugast est limitée par un fleuve. Autrefois, ce fleuve séparait
deux très grands peuples se faisant face l'un à l'autre;
l'un portait des vêtements noirs, l'autre des vêtements écarlates.
Vers notre époque, (...) ceux qui portent des vêtements noirs
franchirent le fleuve et déclarèrent la guerre à ceux
qui sont vêtus de rouge; ils furent vainqueurs et établirent
leur hégémonie.
Les Barbares disent que Taugast fut fondée par Alexandre de
Macédonie, losqu'il reduisit les Bactriens et la Sogdiane en exterminant
120.000 barbares.Dans cette ville de Taugast les femmes du roi ont des
chars en or, trainés chacun par un jeune boeuf somptueusement paré
d'or et de pierres précieuses. Le souverain de Taugast couche avec
sept cent femmes (...) On dit qu'Alexandre construisit une autre ville
à quelques milles; les barbares nomment cette dernière Khoubdan
(...) Khoubdan est coupée par deux grands fleuves dont les hautes
rives son bordées de cyprès (...) Le peuple est riche en
éléphants; il est en relation avec les indiens par le commerce;
on dit que ceux qui habitent au nord sont des Indiens au teint clair. Les
fils qui fournissent les fils des Seres se trouvent chez ce peuple en très
grande abondance, et sont de couleurs variées; les barbares pratiquent
avec zéle l'élevage de ces animaux.
TEOFANI DE BIZANCI (750-817)
Sous Justinien un homme de Perse enseigna à Byzance l'origine
des vers à soie que les romains ignoraient jusqu'à alors.
Ce Perse venu de chez les Seres, après avoir recueilli dans un coffret
la graine de ces vers, l'apporta jusqu'à Byzance, et, quan vint
le printemps, il nourrit cette graine de feuilles de mûrier; une
fois que les vers se furent nourris de ces feuilles, il leur poussa des
ailes et ils accomplirent le reste de leur ouvrage. Plus tard l'empereur
Justin enseigna aux Turcs de quelle façon ces vers naissent et travaillent;
ils furent saisis d'étonnement car les turcs occuppaient alors les
marchés et les ports des Seres qui appartenaient auparavant aux
Perses.
MILON (810-872)
[ ] des voiles qu'elle avait tissées avec la laine fine que
les Seres détachent de leurs arbres.
EUSTATHIOS (s. XII)
Les Seres, peuple Scythe barbare, d'où les tissus Seriques tirent
leur nom. Ils dédaignent, dit-on, les boeufs et les moutons et,
tissant les fleurs multicolores de leur contrée déserte,
ils font avec beaucoup d'art des vêtements précieux, ayant
la couleur brillante de l'herbe des prairies, et si fins que l'ouvrage
des araignées ne saurait rivaliser avec eux. (..) Il est à
remarquer que les Seres font leurs tissus avec des fleurs: c'est pourqoi
ils ne veulent pas laisser paître leurs prés. Du fait suivant
il ressort que les Seres sont insociables et d'abord difficile: ils écrivent
sur de petits sacs le prix des marchandises qu'ils désirent vendre,
puis se retirent; alors les marchands s'avancent, déposent le prix
d'achat et se retirent à son tour; sur quoi les Seres reviennent:
s'ils sont satisfaits du prix, ils le prennent, sinon ils remportent leur
propres marchandises. On dit que les Seres vivent très vieux et
dépassent l'âge de 200 ans.
JACQUES DE VITRY (1178-1240)
Il existe chez les Seres des arbres qui produisent des feuilles ressemblant
à de la laine et servant à faire des fines étoffes.