El pensament de Zhuangzi.
    [Els textos procedeixen de TCHOUANG-TSEU, Oeuvre complète , Paris, Gallimard, "Connaissance de l'Orient", 1986]
     

    La importància del no actuar

    8 (p. 81) Les pattes du canard, bien que courtes, ne sauraient être allongées sans que le canard en souffre; les pattes trés longues de la grue ne sauraient être raccourcies sans que la grue en pâtisse. Ce qui est long de nature ne doit pas être raccourci; ce qui est court de nature ne doit pas être allongé

    8 (p. 81) Qui se sert du crochet, du cordeau, du compas et de l'équerre pour rectifier, offense la nature; qui se sert de la corde, de la ficelle, de la colle et de la laque pour consolider les choses va à l'encontre de leurs qualités propres. Qui plie les hommes par le rite et les rompt par la musiqe, qui les protège par la bonté et les relie par la justice, celui-là corrompt leur nature originelle.

    19 (p. 155) [Confucius vit un vieil homme qui nageait dans les remous de la cataracte.] Confucius l'ayant rejoint lui dit: "J'ai failli vous prendre pour un esprit, mas je vois que vous êtes un homme. Permettez-moi de vous demander quelle est votre méthode pour pouvoir nager si aisément dans l'eau. "

    - Je n'ai pas de méthode spéciale, répondit l'homme. J'ai débuté par accoutumance; puis cela est devenu comme une nature; [...] Je descends avec les tourbillons et remonte avec les remous. J'obéis au mouvement de l'eau, non à ma propre volonté.

    Indiferència davant de la mort

    6 (p. 67) Dans l'antiquité, l'home véritable ne connaissait ni amour de la vie ni horreur de la mort; il ne se réjouissait point de son apparition et ne redoutait point sa disparition; il s'en allait tout naturellement comme il était venu, sans plus. Il n'oubliait pas son commencement et ne se souciait point de sa fin.

    18 ( p. 145) La femme de Zhuangzi étant morte, Huizi s'en fut lui offrir ses condoléances. Il trouva Zhuangzi assis les jambes écartées en forme de van et chantant en battant la mesure sur une écuelle. Huizi lui dit: "Que vous ne pleuriez pas la mort de celle qui fut la compagne de votre vie et qui éleva vos enfants, c'est déjà assez, mais que vous chantiez en battant l'écuelle, c'est trop fort!"

    - Du tout, dit Zhuangzi. Au moment de sa mort, je fus naturellement affecté un instant, mais réfléchissant sur le commencement, je découvris qu'à l'origine elle n'avait pas de vie; non seulement elle n'avait pas de vie, mais pas même de forme; non seulement pas de forme, mais même pas de souffle. Quelque chose de fuyant et d'insaisisable se transforme en soufle, le souffle en forme, la forme en vie, et maintenont voici que la vie se transforme en mort. Tout cela ressemble à la succession des quatre saisons de l'année. [...] Si je me lamentais en sanglotant bruyamment, cela signifierait que je ne comprends pas le cours du Destin. C'est pourquoi je m'abstiens.

    Importància de l'inútil

    20 (p. 159) Alors qu'il traversait une montagne, Zhuangzi vit un grand arbre aux longues branches et au feuillage luxuriant. Un bûcheron qui coupait du bois près de là ne touchait pas à cet arbre. Zhuangzi lui demanda pourquoi.

    - Parce que son bois n'est bomn à rien, dit le bûcheron

    - Grâce à son inutilité, cet arbre atteidra sa durée naturelle, dit Zhuangzi.

    3 (p. 57) Il y avait un homme diforme. Son menton descendait jusqu'à son nombril, ses épaules étaient plus hautes que son crâne; ses vertèbres ramassées pointaient vers le ciel; ses cinc viscères se trouvaent en haut de son corps; ses fesses éatient au niveau de ses côtes. Il maniait l'aiguille, lavait les vêtements, et pouvait ainsi subvenir à sa subsistance. Il ramassait des grains au fond des caisses vidées, ce qui lui permettait de nourrir dix personnes. Lorsqu'un ordre de conscription fut donné par le gouvernement, cet homme difore croisa ses bras en se promenant ouvertement parmi la foule. Lorqu'un appel por des grandes corvées fut lancé, il fut exempté de service pour son infirmité. Lorsque le gouvernement porta secours aux malades, il reçut cent-quatre-vengt-douze boisseaux de grains et dix fagots de bois.

    3 (p. 58) Les arbres de la montagne s'attirent les attaques; la graisse combustible se voit brûlée; le cannelier comestible est écorcé; l'arbre dont la laque est utilisable subit l'incision. Tout le monde connaît l'utilité de l'utile, mais personne ne sait l'utilité de l'inutile.

    Inutilitat del coneixement

    3 (p. 46) La vie humaine est limitée; le savoir est illimité. Qui subordonne sa vie limitée à la poursuite du savoir illimité va à l'épuisement.

    11 (p. 94) Anneantissez la sagesse et rejetez le savoir, le monde retrouvera l'ordre.

    16 (p. 131) Qui veut corriger sa nature innée par des études vulgaires, afin de la ramener ainsi à son état originel, qui veut régler ses désirs par des pensées vulgaires, afin de parvenir par là à la clairvoyance, ceux-là ne sont que des esprits brouillons et aveuglés.

    17 (134) Ils est impossible de parler de la mer à la grenouille qui habite dans un puits; elle vit dans un espace trop limité. Il est impossible de parler de la glace à l'insecte qui ne vit qu'en été; sa durée est trop limitée. Il est impossible de parler du Dao à un lettré qui vit dans un trou de la brousse, il est limité par l'etroitesse de son enseignement reçu.

    17 (p. 141) Une petite grenouille habitant dans un puits effrondré dit un jour à une grande tortue de la mer Orientale:"Combien je suis heureuse! Je peux sortir de mon puits pour sautiler sur la margelle; je peux y rentrer pour me reposer dans les brèches de la paroi de brique. Si je nage dans l'eau, celle-ci reçoit mes aisselles et soutien mon menton; [...] à vrai dire, celui qui possède le monopole d'un creux d'eau et circule librement dans un puits effrondré n'est-il pas au comble du bonheur? "

    La relativitat del real

    2 (p. 45) Jadis, Zhuang Zhou rêva qu'il était un papillon voltigeant et satisfait de son sort et ignorant qu'il était Zhou lui-même. Brusquement il s'éveilla et s'aperçut avec étonneent qu'il était Zhou. Il ne sût plus si c'était Zhou rêvant qu'il était un papillon, ou un papillon rêvant qu'il était Zhou.

    El governant ideal

    7 (76) Le roi éclairé étend partout ses bienfaits mais il ne fait pas sentir qu'il en est l'auteur. Il aide et améliore tous les êtres sans que ceux-ci sentent quíls sont sous sa dépendance. Le monde ignoe son nom et chacun est content de soi.

    11. (p. 91) On doit laisser le monde à lui-même et être tolérant à son égard et non le gouverner. On doit le laisser à lui-même afin que les hommes ne s'écartent pas de leur nature innée. On doit être tolérant afin qu'ils n'altèrent pas leur vertu propre. [...] Comment peut-on améliorer les hommes sans les gouverner? Gardez-vous de troubler leur esprit. L'esprit de l'homme est ainsi fait que toute pression l'opprime et que toute incitation l'exalte. Opprimé, il devient prisonnier, exalté, il devient féroce. [...] La pensée de l'homme est si rapide que dans le temps d'incliner et relever la tête elle est allée jusqu'au fond des quatre mers et en est revenue. Au repos elle gît comme un gouffre paisible. Quand elle se meut, elle se suspend à la voûte céleste. Fier et indomptable est l'esprit de l'homme.

    Els orígens de l'estat

    9 (p. 85) A l'époqe regnait la vertu parfaite, les hommes marchaient posément. Leurs regards étaient droits. En ce temps-là il n'y avait ni sentier ni chemin dans les montagnes, ni bateaux ni ponts dans la mer. Les êtres se multipliaient et vivaient à l'endroit même où ils étaient nés. Les oiseaux et les quadrupèdes se groupaient; les herbes et les arbres croissaient librement. [...] A cette époque aussi les hommes cohabitaient avec les oiseaux et les quadupèdes et vivaient côte à côte avec tous les êtres. [...] Sur quoi survinrent les saints. Ils firent effort pour pratiquer la bonté et se tendirent vers la justice et ainsi le doute apparut sous le ciel. La musique ayant amolli les hommes, les rites les ayant dissociés, la discorde apparut sous le ciel. [..." Lorsque les saints survinrent, ils plièrent et brisèrent les hommes par le rite et par la musique, afin de rendre correctes leur attitudes, puis ils prônèrent la bonté et la justice afin d'apaiser tous les coeurs sous le cel. Ce fut alors que le peuple se tendit vers la passion de savoir et lutta pour l'intérêt matériel sans qu'on puisse mettre un terme à ces maux: tel fut le crime des saints.

    En contra de la utopia retrospectiva

    14 (p. 123) Pour aller sur l'eau rien ne vaut une barque; pour aller sur terre, mieux vaut une voiture. Si l'on veut pousser une barque sur la terre, on n'avancera que de quelques toises en une génération. [...] Vouloir appliquer actuellement les principes anciens des Zhou, c'est vouloir voyager en barque sur la terre ferme. Votre maître s'évertue en vain et va à la catastrophe. Tout cela parce qu'il ne connaît pas l'impermanence de toute tradition, et qu'il faut s'adapter aux événements du monde pour éviter des catastrophes.

    La importància del buit i del repós.

    13 (p. 111) Lorsque l'eau est tranquille elle peut refléter la barbe et les sourcils et sa surface est si unie qu'elle peut servir de niveau au maître charpentier. Si la tranquillité de l'eau permet de refléter les choses, que ne peut celle de l'esprit? Qu'il est tranquille l'esprit du saint! Il est le miroir de l'univers et de tous les êtres. Le vide, la tranquillité, le détachement, l'insipidité, le silence, le non-agir sont le niveau de l'équilibre de l'univers, la perfection de la voie et de la vertu. C'est pourquoi le souverain, le roi et le saint demeurent toujours en repos. Ce repos conduit au vide, un vide qui est plénitude, une plénitude qui est totalité. Ce vide confére à l'âme une tranquilité qui fait que toute action accomplie est efficace. [...] Heureux celui qui n'agit pas! Il ne connaît ni chagrin ni misère et il vit longtemps.

    El rebuig de les responsabilitats polítiques

    17 (p. 142) Alors qe Zhuangzi pêchait à la ligne dans la rivière de Pu, le roi de Zhou envoya deux de ses grands officiers pour lui faire des avances. "Notre prince, lui dirent-ils, désirerait vous confier la charge de son territoire"

    Sans relever la ligne, sans même tourner la tête, Zhuangzi leur dit: "J'ai entendu dire qu'il y a à Zhou une tortue sacrée morte depuis trois mille ans. Votre roi conserve sa caparace dans un panier enveloppé d'un linge, dans le haut du temple de ses ancêtres. Dites-moi si cette tortue aurait préféré vivre en trainant sa queue dans la boue?

    - Ele aurait préféré vivre en traînant sa queue dans la boue, dirent les deux officiers.

    - Allez-vous-en! dit Zhuangzi, je préfére aussi traîner ma queue dans la boue.

    El taoïsme i el pensament científic

    1. (p.28) Le bleu est-il la couleur naturelle du ciel, ou est-il le simple reflet de la distance infinie?

    Quand la masse d'eau n'est pas profonde, elle n'a pas la force de soutenir un grand bateau. Renversez une tasse d'eau dans la crevasse d'un terre-plein et prenez en guise de bateau un brin d'herbe: celui-ci flottera. Mais essayez de faire flotter la tasse, ell collera au fond, car l'eau est peu profonde et le vaisseau trop grand.

    14 (p. 119) Le ciel se meut-il? La terre est-elle immobile? Le soleil et la lune disputent-ils leur place? Qui préside à cela? Qui maintient cela? Qui, sans agir, pousse et fait marcher cela? Y a-t-il une machine cachée qu'on ne peut arrêter? Ou bien l'univers se meut-il de lui-même sans pouvoir s'arrêter? Les nuages deviennent-ils la pluie? La pluie formet-elle des nuages? Qui la fait tomber? Qui, sans agîr, se plaît à provoquer cela? Le vent se lève au nord, tantôt souffle vers l'est et tantôt vers l'ouest. Là-haut, il forme des tourbillons. Qui provoque ces expirations et ces aspirations? Qui, sans agir, les oriente et les fait cesser?