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Sérénede, de Paul
Verlaine
Comme la voix d'un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers
ton retrait
Ma voix aigre et fausse.
Ouvre ton âme et ton oreille
au son
De ma mandoline :
Pour toi j'ai fait, pour toi,
cette chanson
Cruelle et câline.
Je chanterai tes yeux d'or et d'onyx
Purs de toutes ombres,
Puis le Lethé de ton sein,
puis le Styx
De tes cheveux sombres.
Comme la voix d'un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers
ton retrait
Ma voix aigre et fausse.
Puis je louerai beaucoup, comme il
convient,
Cette chair bénie
Dont le parfum opulent me revient
Les nuits d'insomnie.
Et pour finir, je dirai le baiser
De ta lèvre rouge,
Et ta douceur à me martyriser,
-Mon Ange !- ma Gouge !
Ouvre ton âme et ton oreille au son
De ma mandoline :
Pour toi j'ai fait, pour toi,
cette chanson
Cruelle et câline.
(en Poèmes saturniens, 1866)
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Serenada d'hivern, de Josep Carner
Clou les parpelles en ton llit
i que la son hi sia :
mentre en l'angoixa de l'oblit
Canto per tu, l'aimia ;
que fins la mort de mon delit
acabi en melodia.
Oh si ton llit meravellat
que ton bell cos havia
fos, a punt d'alba, turmentat
com jo, de gelosia,
i, com un núvol encantat,
no et deixés veure el dia !
Car, filla fosca del matí,
arreu on facis via,
veuràs penar, veuràs llanguir
i no hi daràs metgia;
ets feta a plaure i a fugir,
que ésser fidel, mustia.
¡Si el pobre cor sense recers
que ta finestra espia,
si el pobre cor occir pogués
amb una melodia !
Si l'amor meva emmetzinés,
encara t'amaria.
Qui t'ha cantat el villancet,
no és un llaüt, aimia;
no és el poruc violinet
ni la viola pia ;
és una mica de vent fred
i de malenconia.
J. Carner, La paraula en el vent,
1914
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