Universitat Pompeu Fabra
Bibliotheca Mystica et Philosophica Alois M.Hass

Seminari Mística i Creació: Sébastien Galland y Julie Reynaud

04-11-2010

Seminari Mística i Creació: Sébastien Galland y Julie Reynaud

 

 

CartellGalland

A continuación ofrecemos un fragmento de las ponencias de los profesores Galland y Reynaud, con la posibilidad de descargar en versión pdf los textos completos.

"Hans Richter: l'oeil mystique. Conjonction des contraires, portraits visionnaires et Paradies Sprache", Sébastien Galland

Si l'on en croit Hans Richter, dont le texte Dada art et anti-art retrace l'itinéraire de ce mouvement apocalyptique, Barcelone constitue une étape nécessaire dans l'étude du dadaïsme, puisque c'est ici que Francis Picabia, français de naissance mais cubain d'extraction, fonda le groupe 391 en janvier 1917. Dans ce groupe, qui était une ramification de dada, se trouvaient des personnalités aussi différentes que les peintres Marie Laurencin, Albert Glaizes, Maximilien Gauthier, Chardoune, l'écrivain et boxeur Arthur Cravan "déserteur de dix sept nations", ou le critique de cinéma italien Canudo. Aux dires de Hans Richter, 391 fut d'abord l'oeuvre de Picabia qui était capable de "négations, contradictions et paradoxes de toutes sortes", le moindre de ses paradoxes n'étant pas celui de la négation de l'art, négation des plus équivoques car, si radicale fût-elle, elle affirmait en creux la force de l'art. Cette tension entre la destruction et la construction parcourt tout le dadaïsme, elle lui est consubstantielle, comme le montre Tristan Tzara dès la rédaction du Manifeste dada. En effet, l'écriture d'un Manifeste, genre quelque peu éculé depuis les poètes de la Pléiade, est plutôt déroutante pour un mouvement qui refuse l'institution, l'académisme et cultive le nihilisme. Adepte, comme Picabia, de la règle de l'auto-contradiction, Tzara se justifie : "j'écris un manifeste et je ne veux rien, je dis pourtant certaines choses et je suis par principe contre les manifestes, comme je suis aussi contre les principes". Très vite, la presse s'est faite l'écho de ce qu'elle nomme le "dadaïsme", manière d'institutionnaliser un mouvement qui ne fut jamais une école. Tzara ne tarda pas à répliquer rétorquant : "j'ai décliné toute responsabilité d'une école lancée par les journalismes et appelée communément le dadaïsme", ce qui est une façon de rappeler que dada, "polyglotte et supranational", n'a jamais voulu se péréniser en tant que dadaïsme. Après l'apothéose de la première foire internationale dada en 1920 à Berlin, Richard Huelsenbeck écrit ainsi : "Dada prévoit sa fin et en rit", puis il ajoute : "il faut avoir le talent de rendre son déclin intéressant et agréable". Georges Ribemont-Dessaignes abonde dans le même sens quand il présente dada dans la revue Mecano de Van Doesburg : "C'est DADA, le dada, qui spontanément, au contact de l'air humide et sentimental se transforme en acide dadaïque et ne laisse après lui qu'un petit résidu noir et une fumée bleuâtre".

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"La lettre, l'amour et le ravissement. L' Argumentum in Platonicam Theologiam comme propedeutique à la mystique", Julie Reynaud

L'auteur de la Théologie Platonicienne de l'immortalité des âmes a rédigé pas moins de douze livres de correspondance1  : en plus des lettres les plus connues et qui constituent à elles seules de petits traités philosophiques2 , on trouve des dédicaces, qui sont présentes en tête des ouvrages savants, des arguments pour les œuvres principales, des familières adressées à ses amis chers ou à lui-même, des méditations avec les membres du cercle platonicien de Careggi. La littérature épistolaire est pour Ficin un exercice philosophique en soi, une sorte d'exercice spirituel à la mode antique, puisque l'écriture du philosophe est un langage qui doit adhérer à la philosophie dont il se fait le défenseur assidu. Par l'invention d'une écriture se réalise une première propédeutique à la philosophie. Parmi les choix stylistiques propres à figurer le cheminement de l'âme, depuis son errance première, dans l'obscurité de son attachement au corps et à la matière, jusqu'à sa nuit mystique et à sa clarté aveuglante, nous mettrons l'accent sur l'argumentum, forme trop souvent confondue avec le résumé d'ouvrage. Le choix de l'argument est éclairant de la façon dont Ficin conçoit le travail d'une âme cherchant à atteindre sa pointe; de même que le renoncement final de Ficin à cette forme épistolaire illustre bien tout ce qui sépare cette recherche consciente, de la fulgurance de la sortie hors du "nuage d'inconnaissance". Nous proposons de suivre ce cheminement de l'âme depuis la nuit active, où elle cherche à mortifier sa concupiscence, à connaître quelle voie elle doit emprunter, jusqu'à  la nuit passive des fiançailles où Dieu choisit de détruire la distance qui la sépare de Celui qu'elle aime. Entre le Skotos (la nuit noire) évoqué Denys l'Aréopagite dans son De divinis nominibus, 7, 2 et dans son De Mystica theologia, I, 1-3,  que l'homme doit éviter, et le Gnophos (la nuit épaisse) à laquelle on ne peut échapper si l'on veut entrer en contact avec Dieu, Ficin intercale une lettre d'argent, métal sombre et éclatant à la fois, un argumentum.

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Última actualitzación 03-02-2011
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